Communiqués

Ingérence étrangère dans les élections - intervention de Geoffroy Didier

27/11/2019


Le 27 novembre, Geoffroy Didier est intervenu au cours du débat sur l’ingérence d'autres pays dans nos démocraties et nos élections qui s’est tenu au Parlement européen.

 

« Madame la Présidente,

 

Il ne s’agit pas d’empêcher les dirigeants d’un pays étranger d’afficher leur préférence et encore moins leur vision du monde. On se souvient que François Hollande avait fait d’Hillary Clinton la future présidente des États-Unis en 2016. On se rappelle qu’un an plus tard, Emmanuel Macron avait suggéré aux Polonais, de façon assez arrogante d’ailleurs, de se doter de meilleurs dirigeants.

 

L’objet de ce débat ne doit pas être de souhaiter que des responsables politiques ne puissent plus donner leur avis. La vraie question, c’est celle de la nature des moyens employés.

 

Aujourd'hui, certaines puissances étrangères ont bien compris que plus de la moitié des Européens s'informaient uniquement sur les réseaux sociaux.

 

Grâce à un usage détourné des algorithmes, des bots et de l’intelligence artificielle, beaucoup d’internautes européens finissent malheureusement par davantage croire des anonymes qui postent des avis diffamatoires et haineux que leurs dirigeants qui ont pourtant été démocratiquement élus.

 

Sur twitter, plus de 150 000 comptes russophones ont posté en anglais des centaines de milliers de messages appelant au Brexit afin de déstabiliser l’Europe.

 

Je vous annonce que je saisirai ces prochains jours la toute nouvelle Commission européenne pour qu’elle mette en place un programme de détection des messages convergents venus des puissances étrangères afin d’alerter immédiatement la population sur les réseaux sociaux en temps de campagne électorale.

 

Les moyens technologiques de cette ambition existent parfaitement, et à nous d’aller concurrencer les manipulateurs sur leur terrain ! Les internautes européens n’ont pas vocation à devenir les valets de la Russie ou des États-Unis !

 

Faisons nôtre cette conviction d’Hannah Arendt : « Le totalitarisme, c’est quand la distinction entre le fait et la fiction n’existe plus ». La naïveté de l’Europe n’étant malheureusement pas une fiction, faisons de la réactivité de l’Union européenne un fait avéré ».