En plénière

Les peuples européens comptent sur nous pour garder les yeux ouverts



« Madame von der Leyen,

Un grand écrivain français, Charles Péguy, écrivait : « Il faut toujours avoir le courage de dire ce que l’on voit  ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, avoir le courage de voir ce que l’on voit. »

Regardons la réalité en face. L’Europe traverse une crise profonde : elle semble condamnée à l’impuissance face à la crise économique, face au défi migratoire, face aux grandes puissances qui semblent écrire l’histoire.

C’est le destin de notre civilisation qui se joue », a déclaré François-Xavier Bellamy au cours du débat avec Ursula von der Leyen, candidate à la présidence de la Commission européenne, qui s’est tenu le 16 juillet en session plénière du Parlement européen.

« Il n’y a qu’un seul moyen de faire reculer l’inquiétude : c’est de refonder une Europe qui se mette au service des peuples européens et permette de ne plus subir.

Ne plus subir les déséquilibres de la mondialisation, cette absence de stratégie qui nous fait perdre nos forces industrielles, nos savoirs faire, notre capacité à produire ce que nous consommons. Et je pense en particulier aux agriculteurs : je regrette qu’ils n’aient pas été évoqués ce matin. L’agriculture est la première politique européenne, et jamais nous n’accepterons qu’elle puisse servir de variable d’ajustement.

Nous ne voulons plus subir ces déséquilibres qui provoquent la crise écologique, et c’est pour faire face à ce défi que l’Europe, merci de l’avoir dit, doit enfin imposer une contribution carbone aux pays qui exportent vers notre marché unique.

Nous ne voulons plus subir la même impuissance face à la crise migratoire. Oui, chaque mort en mer Méditerranée est une tragédie ; mais oui, chacune de ces tragédies est le terrible résultat de cette impuissance. Trop de personnes prennent tous les risques pour venir en Europe, parce qu’ils savent que la seule condition pour s’y établir, c’est d’y arriver illégalement. Il faut enfin maîtriser les frontières extérieures de l’Europe. C’est le premier devoir d’humanité qui l’exige. Accueillir n’est pas subir ! C’est aussi la condition pour retrouver l’équilibre de nos sociétés, et pour transmettre aux générations futures cette civilisation magnifique dont nous avons hérité.

Mme von der Leyen, nous avons un avenir à sauver, et il se joue pour une grande part dans les années qui viendront. Les peuples européens comptent sur nous pour garder les yeux ouverts ».